Salut Kévin, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Kevin, j’ai 25 ans et je travaille pour Philippe qui est guide motoneige en Laponie. J’ai fait des études en droit des affaires et une école de management à Lyon où j’ai principalement étudié le Marketing et Web Marketing. Je savais que je n’allais pas m’épanouir dans ce secteur donc j’ai décidé de changer de voie.

Un changement radical en effet ! Mais alors pourquoi as-tu choisi la Laponie ?

J’ai choisi la Laponie pour plusieurs raisons, premièrement je cherchais un travail où je pouvais être dehors plutôt que dans un bureau. Il y a trois ans quand j’étais chez Planet Ride, j’ai trouvé un travail pour un ami chez Philippe en tant qu’assistant guide. Il a travaillé là-bas pendant trois saisons et lorsqu’il est rentré de Laponie il m’a parlé de cette opportunité d’assister Philippe pour ses raids et j’ai sauté sur l’occasion. Ce qui m’attire en Laponie c’est vraiment cette atmosphère particulière ; par exemple, rien que pendant la période de nos raids qui dure 5 mois, il y a plusieurs saisons. On a par exemple la nuit polaire où il fait jour 3, 4 heures par jour ce qui nous donne vraiment l’impression d’être sur une autre planète. Un désert blanc devant soi, de la neige à perte de vue par -30° et des aurores boréales dans le ciel, c’est magique. C’est cette sensation d’être coupé du monde, complètement sur une autre planète que j’adore.

C’est vrai qu’on ne doit pas avoir la même notion du temps là-bas ! On le vit comment d’ailleurs ?

Il est vrai que ça peut désorienter et généralement on met une ou deux semaines à s’y habituer. Des fois, il fait nuit à 14-15h et on a vraiment l’impression qu’il faut aller se coucher alors qu’en réalité il est 18h. Cela peut déranger certaines personnes mais aussi plaire à d’autres, quoi qu’il arrive cela accentue cette atmosphère de déconnexion et ce sentiment d’être sur une autre planète. L’avantage lorsque les nuits sont longues c’est qu’on a forcément plus de chance de voir des aurores boréales. Le seul problème est qu’on ne peut pas les prévoir vraiment à l’avance. En une semaine il est possible de ne pas en voir du tout comme il possible d’en voir plusieurs, c’est vraiment aléatoire et on ne peut pas le garantir.

D’Avril à Mai on est dans la période des jours polaires, c’est à dire qu’il va faire jour jusqu’à minuit ou 1h du matin et il ne fait nuit que quelques heures par jour. C’est vrai qu’il faut un petit temps d’adaptation pour bien s’y acclimater mais pour un séjour d’une semaine ce n’est pas vraiment nécessaire ; et puis on s’occupe bien de nos riders !

D’ailleurs, à quoi doivent-ils s’attendre ?

Il faut savoir que nos voyages sont participatifs, c’est une expérience de luxe dans le sens où c’est vraiment un voyage très particulier. On les appelle participatifs car les riders mettent aussi la main à la pâte pour aider le groupe. Lorsqu’on va loger dans une cabane de trappeur, il va falloir couper du bois pour faire du feu et faire à manger par exemple. Si les riders ne veulent pas, ce n’est pas un problème, les guides sont aussi la pour ça, mais c’est souvent quelque chose que les gens font avec beaucoup de plaisir. C’est vraiment un dépaysement total et un retour aux choses simples en pleine nature. Bien sûr, ils doivent aussi s’attendre à faire de la motoneige et à en prendre plein la vue avec des paysages exceptionnels. Au niveau de l’équipement, on propose des motoneiges Lynx Commander 900 ACE et on met aussi à disposition des combinaisons grand froid disponibles dans toutes les tailles, des casques et des gants ; il faut aussi prévoir des habits chauds bien entendu !

Ce sont des groupes de combien de personnes ?

Ils sont composés de 8 motoneiges avec 12 personnes maximum. On essaie de garder des groupes plutôt petits car c’est vraiment important pour nous de pas devenir une usine à gros groupes touristiques. On veut vraiment conserver cet esprit de famille et de cohésion de groupe. Puisqu’on évolue dans un environnement plutôt hostile, la cohésion entre les riders est souvent très forte ; c’est aussi là toute l’idée du participatif. Souvent des gens se rencontrent ici en raid, restent amis par la suite et reviennent chez nous pour participer à d’autres raids.

À propos des raids, tu peux m’en dire plus sur les différents circuits que vous proposez ?

On a au total 7 circuits, ils s’adaptent tous aux différents niveaux des gens et à la durée souhaitée de leur séjour. Les plus populaires sont les raids scandiques qui durent une semaine. Ce sont des raids en itinérance, c’est à dire que ce ne sont pas des circuits en étoile : on part pendant plusieurs jours sans revenir au camp de base.
Au cours de la saison, on a trois bases qui sont situées dans différentes régions : on commence basé à Raattama pour la période des raids de Noël qui sont propres à la région et avec des sessions de chiens de traineau et un grand repas de noël. Ensuite, pendant deux mois et demi, on va vers Karesuando qui est à la frontière entre le Finlande et la Suède. Ici aussi on fait des raids scandiques mais également des artic raids qui se déroulent sur une période plus courte. Pour notre dernière session de raids on va tout en haut de la Norvège au Cap Nord, vers Kaamanen. Ici ce sont des raids un peu plus techniques avec un kilométrage plus important au Nord de la Laponie.

Il y a des lieux que tu préfères par dessus tout en Laponie ?

Le Cap Nord est un endroit incroyable, notamment le petit village Méham avec ses petites maisons sur pilotis face à la Mer de Barents. C’est vraiment un lieux magnifique et l’atmosphère y est très particulière. On peut aussi trouver des cabanes de trappeurs un peu partout en Laponie, ce sont des refuges mis à disposition pour les voyageurs. Ils sont souvent perchés sur des montagnes ce qui permet d’avoir une vue à 360° sur les immenses étendues blanches du Grand Nord.

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