Les aventures de l’Oiseau Rouge : de Buenos Aires à Mendoza – partie 3
Cap au sud-ouest. Le ride s’ouvre à l’aube sur des lignes droites interminables, la Pampa en filigrane et l’ombre des Andes qui se rapproche jour après jour. Ce roadtrip Argentine s’éprouve dans le temps long : chaleur à midi, fraîcheur au crépuscule, essence à anticiper et vents latéraux qui sculptent la cadence. D’un lac laiteux à un col à 3 800 m, d’un chocolat chaud à Bariloche à un Malbec à Mendoza, la route trace son propre récit. On garde l’essentiel : rouler juste, s’arrêter au bon moment, laisser venir les rencontres. Et quand la montagne s’ouvre vers le Pacifique, l’aventure s’étire encore, promesse de virages et d’horizons neufs.
Après Buenos Aires, où as-tu poursuivi ton voyage en Amérique Latine ?
Bagages harnachés, je quitte Buenos Aires dans la fraîcheur. Cap sur la Pampa : d’abord Santa Rosa, puis Neuquén. Sur ce roadtrip Argentine, les journées s’installent sur des rubans rectilignes où l’on tient le cap au mental ; compter 5 à 7 h réelles jusqu’à Santa Rosa selon le vent, puis encore 5 à 6 h vers Neuquén. La route ondule entre prairies fleuries et terres plus rases ; on croise guanacos et rapaces. L’habitat reste épars mais présent. Les stations sont espacées : mieux vaut refaire le plein dès que l’on peut et conserver 150 à 200 km de marge. Le ride prend des allures de méditation active, la ligne droite comme une boussole vers la Patagonie.
Raconte-nous une anecdote qui a marqué cette étape de ton roadtrip en Amérique du Sud ?
À Villa El Chocón, près d’un lac bleu laiteux, six empreintes de dinosaure parfaitement lisibles m’arrêtent net. Vision primitive, instant suspendu : on repart avec ces géants en tête et la sensation d’être minuscule sur la Pampa. Puis l’horizon change : premiers plateaux, premiers virages, les Andes se dessinent. La température joue au yoyo avec l’altitude : dans la même journée, on peut passer de la chaleur sèche à la fraîcheur brutale. Mon autonomie me rassure : avec un plein, la petite V‑Strom tient près de 500 km. À retenir : sur ces longues étapes, on cale une vraie pause de 20 min toutes les 2 h et on boit avant d’avoir soif ; c’est la clé pour garder lucidité et plaisir de pilotage.
Lors de mon voyage moto en Amérique du Sud, j’apprends vite à lire le ciel, à sentir le vent. Les kilomètres n’ont pas tous le même poids : sable, ripio, bitume fatigué… On évite de forcer après 17 h ; la lumière baisse vite et la faune bouge.
Parle-nous un peu de Bariloche
L’arrivée sur Bariloche trouble les repères : lac immense, montagnes, façades boisées, chocolats ; une ambiance de « Suisse du Sud ». J’accroche la Ruta 40 et file vers le nord. La « Ruta 40 en moto » déroule ses contrastes : bitume propre, puis sections de piste sablonneuse où des pneus à crampons font la différence. Le relief change au rythme des vallées, avec des villages isolés blottis dans les contreforts. Les arrêts comptent autant que les kilomètres : un point d’eau à l’ombre, un col dégagé pour surveiller la météo, un regard sur une vallée bleutée avant d’attaquer la descente. La Ruta 40 en moto, c’est l’art d’alterner régularité et vigilance.
As-tu fait des rencontres pendant ce voyage moto en Amérique du Sud ?
Au milieu d’un désert de cailloux et de vent, trois motards argentins « sortent » de la chaleur comme des mirages. On partage l’eau, deux clés de 12 et une piste hors carte qui recolle plus loin à la route. On roule de concert jusqu’à Mendoza ; chaque halte est un échange simple et franc. Ce sont ces parenthèses qui donnent de l’épaisseur au tracé.
Comment décrirais-tu la ville de Mendoza ?
Mendoza accueille. De larges rues ombragées, des terrasses, le vin au centre des discussions, bodegas ouvertes pour goûter un Malbec généreux. En toile de fond, les Andes aux teintes rouges, vertes, ocres. Le condor plane un instant, puis disparaît. Plus haut, l’Aconcagua (6 960 m) se devine depuis la route 7. Une piste de terre rouge file dans une haute vallée vers le Christ Rédempteur à plus de 3 800 m ; là-haut, l’air se raréfie et le silence impose le respect. La frontière chilienne se passe dans la continuité ; la traversée des Andes déroule ses lacets jusqu’au Pacifique, entre tunnels, viaducs et parois, avec des enchaînements où l’on gère frein moteur et température des freins.
À la descente, les vallées s’ouvrent, la végétation durcit : cactus longilignes, herbe rare, chaleur plus sèche. Sur les coteaux, des lignes de vignes rappellent la précision des gestes qui font les grands vins chiliens. Bitume impeccable vers Valparaíso, la mer en horizon bleu.
Quelle a été ta prochaine étape de ce voyage en Amérique Latine ?
Valparaíso, ses ascenseurs, ses collines aux maisons colorées, une vue qui saisit. Le soir, les cornes de brume répondent au large comme une symphonie. La route ne s’arrête pas : elle promet d’autres virages vers le nord, d’autres cols, d’autres haltes dans la Cordillère, cap sur Salta la belle. Un roadtrip Argentine se vit ainsi : une ligne qui s’invente à chaque étape, avec des pauses choisies et des risques mesurés.
À savoir aujourd’hui
Beaucoup d’éléments restent vrais : longues distances, météo changeante, essence à anticiper, contrastes marqués entre Pampa, lacs et Andes. Avant de partir en 2026, vérifiez l’ouverture saisonnière des cols andins (hiver austral), les conditions de passage frontalier Argentine–Chili, et préparez vos outils offline (cartes hors-ligne, eSIM/roaming) ; réservez vos hébergements en haute saison dans les zones très demandées (Bariloche, Mendoza).
Mini‑FAQ
Quelle est la meilleure période pour cet itinéraire ?
De novembre à mars pour éviter la neige sur les cols ; en intersaison (octobre/avril), prévoir des plans B si un passage ferme temporairement.
Faut‑il un permis spécifique pour franchir la frontière ?
Permis moto national + Permis international recommandés, carte verte/assurance valables des deux côtés, et autorisation du loueur si le véhicule n’est pas à votre nom.
Comment gérer le carburant sur la Ruta 40 ?
Anticipez : refaites le plein dès que possible, gardez 150–200 km de marge, payez en carte ou espèces selon les stations, et évitez d’arriver à la pompe en fin de journée dans les zones isolées.