Le “surf-trip” sur la Panaméricaine, un roadtrip pas comme les autres
— Quitter l’Angleterre, charger deux motos légères, arrimer les planches et filer un an le long du Pacifique : Sally et Tom ont transformé un rêve en itinérance. Leur boussole ? Les houles, la lumière, les rencontres et des journées à rythme simple. Dans cet entretien, ils racontent la naissance du projet, pourquoi la Panaméricaine et pourquoi la moto, avec ce que la route enseigne vraiment. Un regard franc, des choix assumés, et l’essentiel pour inspirer votre prochain roadtrip moto, sans artifice.
Salut Sally et Tom, pouvez-vous vous présenter rapidement ?
Nous sommes un couple de surfeurs britanniques. En octobre, nous sommes partis pour un an le long des côtes pacifiques, du Sud au Nord, à la recherche de vagues régulières et d’une vie plus simple. Tom est photographe et vidéaste : il documente notre itinérance au quotidien, des moments calmes aux sessions qui comptent.
Comment votre projet de surf/roadtrip est-il né ?
Par étapes. Un été en Indonésie à rouler sur de petites motos nous a montré qu’on pouvait voyager léger, planches comprises. De retour en Angleterre, on a eu envie de remettre le surf au centre, plus souvent et mieux. Changer nos priorités, réduire le superflu, et donner à Tom le temps de bâtir un vrai portfolio image : la décision s’est imposée.
Pourquoi la Panaméricaine ? Et pourquoi à moto ?
Parce que notre itinéraire est guidé par les spots de surf : suivre la côte était évident. La moto rend tout plus simple et plus accessible qu’un van (carburant, ferries, assurances, réparations). Avec 10 L, on parcourt environ 360 km : de quoi relier deux zones de surf sans stress, en gardant la souplesse d’un arrêt imprévu. Sur la route, on vise 150 à 300 km par jour, soit 4 à 6 h réelles selon vent, trafic et traversées de villes côtières. C’est un surf trip Panaméricaine à notre mesure.
Surfez-vous depuis longtemps ?
Environ dix ans chacun. On vient de l’eau froide, alors l’eau chaude est un luxe… avec plus de monde au pic. On s’adapte : horaires plus matinaux, choix de bancs de sable moins évidents, et on roule tôt pour être à l’eau aux meilleures fenêtres.
Comment se déroule votre roadtrip ?
Jusqu’ici, très bien. Quelques tracasseries administratives au Chili au début, puis la mécanique de voyage s’est calée. On a passé les 20 000 km sans incident sérieux. Concrètement : départ à la fraîche pour éviter la chaleur et le vent latéral fréquent sur certaines sections côtières (notamment Atacama et Pérou), pauses toutes les 1 h 30 à 2 h pour boire (2 à 3 L d’eau par personne sur les étapes chaudes), et on anticipe le carburant : ravitaillement tous les 150–200 km pour ne jamais jouer avec la réserve.
Parlons hébergements : comment vous organisez-vous ?
Budget serré : on essaie de vivre avec environ 16 $ par jour. On alterne camping discret, hamacs, dortoirs et, quand c’est possible, petite chambre privée. Sous les tropiques, la nuit est chaude ; plus au sud, les nuits peuvent tomber sous 5 °C en altitude ou dans le désert côtier : un duvet compact change tout. Pour cuisiner simple, on mise sur les marchés locaux et l’eau traitée, en gardant toujours une réserve d’un jour. Arriver avant le coucher du soleil reste notre règle d’or d’un roadtrip moto efficace : ça laisse le temps de monter le camp et d’assurer la moto et les planches.
Un coup de cœur en particulier ?
Plusieurs. Des baies où l’on s’est sentis seuls au monde, des villages où le temps file différemment. Internet dévoile beaucoup, mais il reste des coins préservés. Notre équilibre : bon surf, lieux calmes, prix justes, cuisine locale. C’est l’essence même de ce surf trip Panaméricaine.
Vos projets après ce surf/roadtrip ?
Retour au Royaume-Uni, tri des images, montage, et travail de fond sur le projet photo/vidéo. Se remettre en place financièrement, tout en continuant à surfer dès que possible.
Quel message aux futurs voyageurs ?
On peut se trouver mille raisons de ne pas partir. Si vous sentez que la route vous fera grandir, choisissez une date, un tracé, et lancez-vous. Un roadtrip moto se construit en mouvement, pas sur un tableau Excel.
Des conseils pratiques ?
Japon ! On y a roulé en XR150 : petites motos, réparations faciles, routes fluides, sens du détail partout. Plus largement : prenez votre temps. Sur une semaine, gardez 1 jour de marge pour les aléas ; sur un mois, prévoyez une vraie coupure toutes les 4–5 journées de selle. Côté moto : porte-bagages renforcés, sangles élastiques type ROK Straps, sac étanche pour les planches et un câble pour les sécuriser la nuit. Et des cartes offline prêtes avant chaque frontière — réseau aléatoire sur certaines sections et brouillard côtier matinal qui peut perturber le GPS.
Mini-FAQ
Faut-il un permis spécifique ? Votre permis moto national suffit généralement, avec permis international recommandé. À chaque frontière : pensez au document d’importation temporaire du véhicule et à une assurance responsabilité civile locale selon les pays.
Quelle saison pour combiner route et surf ? Les fenêtres varient selon les latitudes : Mexique/C.Amérique souvent de novembre à mars, Chili central plutôt mars–mai, nord Pérou/Équateur entre décembre et avril. Ajustez votre progression à la houle plutôt qu’au calendrier strict.
Quel budget quotidien viser ? En mode sobre (camping, marchés), comptez 15–25 $ par personne/jour hors imprévus mécaniques et ferries. Les étapes urbaines et spots très connus font monter la note : anticipez vos arrêts.
À savoir aujourd’hui
Ce témoignage reste précieux pour l’esprit et le rythme d’un long roadtrip moto côtier. Avant de partir en 2026, vérifiez les conditions d’entrée de chaque pays, les assurances obligatoires, la disponibilité d’essence sur vos segments et préparez des cartes offline à jour.
Pour suivre leurs images : leur site.