Le Motard Bionique nous raconte son voyage moto en Islande
Un roadtrip sans fard, vécu à hauteur de selle. Le Motard Bionique, rider passionné, a traversé l’Islande en plein été, entre pistes, gués et vents de travers. Il revient sur ce qui rend une islande en moto à la fois accessible et intense : choix de machine, rythme, météo, sections F-roads, autonomie carburant, et ce déclic qui fait passer de la route aux pistes. Un témoignage franc qui donne envie de préparer son itinéraire avec sérieux, pour profiter des Hautes Terres sans surjouer l’aventure.Victime d’une perte d’audition presque totale à l’adolescence, il a retrouvé l’ouïe grâce à un implant cochléaire. Sur la moto, il roule cependant “en silence”, l’émetteur externe ne passant pas sous le casque. Place au récit.
Qui es-tu ?
Un voyageur à moto, un peu photographe, qui aime tracer loin de sa zone de confort. J’ai passé le permis il y a deux ans et demi, avec patience, pour voyager. Depuis, je privilégie l’exploration aux performances.
Pourquoi un tel nom ?
Parce que je fais partie des premiers “bioniques” au sens propre : un dispositif électronique implanté me permet d’entendre à nouveau. Plus d’infos ici : https://www.youtube.com/watch?v=zeg4qTnYOpw. Sous le casque, je reste sourd, ce qui aiguise d’autres sens : vision, rythme, attention au terrain.
Quelle est la raison de ton départ ?
L’envie de vivre une aventure forte, mais encadrée. L’Islande offre des pistes, des rivières, des conditions réelles, avec une logistique fiable quand on en a besoin. Un bon tremplin avant des zones plus engagées.
Quand es-tu parti ?
Départ fin juillet, retour fin août. Environ 14 jours pleins sur place, 3 jours aux îles Féroé, et le temps de traversée en ferry depuis le Danemark en plus.
Combien de kilomètres ?
Près de 8 500 km au total, dont une partie sur pistes islandaises. Mon compteur a rendu l’âme après un gué trop optimiste, mais l’ordre de grandeur est là.
Pourquoi l’Islande ?
Pour sa nature brute et la sensation de rouler “ailleurs”. La Ring Road fait environ 1 330 km ; si on entre dans les Hautes Terres par les F-roads, on vit un autre monde. Et on peut le faire en sécurité avec un minimum de méthode.
Sur quoi roules-tu ? Pourquoi ?
Kawasaki Versys 650 (2012). Une moto simple, fiable, accessible, qui voyage bien tout en restant fun au quotidien.
Ça marche bien pour l’Islande ?
C’est une moto de route, donc je roule posé. Sur piste, rythme souple, pneus adaptés et suspensions bien réglées : ça passe. J’ai dû revoir mes joints spi en cours de route ; la leçon : ajuster la précharge et éviter les enchaînements de tôle ondulée à trop vive allure.
Les moments les plus forts ?
L’embarquement avec les autres riders sur le ferry, les premiers kilomètres de piste, un ensablement, des gués qui claquent l’adrénaline, le camping au milieu de rien, ce vent latéral qui peut te pousser d’une voie à l’autre, une noyade moteur suivie d’une réparation improbable… Et ces paysages lunaires qu’on n’oublie pas.
Le souvenir qui reste ?
Mon premier vrai gué infranchissable. Bivouac improvisé, soleil de minuit, décision de retenter au petit matin. Puis un gué, un autre, encore un… Ce jour-là, la piste a changé ma façon d’imaginer un voyage moto.
Le lieu préféré ?
Le Landmannalaugar : montagnes colorées, champs de lave, pistes F208/F225 et bain chaud à l’arrivée. Conseil : faire le plein sur la côte sud (Hella/Hvolsvöllur) avant de monter.
Les moments les plus durs ?
Un après-midi dans un vent du nord-ouest féroce. Là, on parle sécurité : se poser, raccourcir l’étape, accepter de perdre du temps. En Islande, rafales et gravettes ne pardonnent pas.
Les conseils pour un voyage moto en Islande ?
- Ne pas se limiter à la route circulaire : les F-roads transforment vraiment une islande en moto.
- Vérifier météo et état des routes chaque matin. Adapter la distance du jour en fonction des gués et du vent (compter 4 à 6 h réelles pour 180–250 km de piste).
- Autonomie : viser 200–250 km mini dans les Hautes Terres. Stations parfois sans personnel : carte et code requis.
- Cartes offline et eSIM utiles. En cas de doute sur un gué, demi-tour sans ego.
- Conseil Planet Ride : caler une grosse section piste un jour sur deux pour garder des marges physiques et mécaniques.
Les petites astuces pour tous les voyageurs moto ?
- Préparer la moto (pneus mixtes, protections) et voyager léger.
- Un cuissard rembourré change la vie sur 6 h de selle.
- Photos : batteries et cartes en rab. La lumière islandaise avale la mémoire.
Des vidéos ?
Oui, deux montages “à l’arrache” ici : https://www.youtube.com/channel/UC8MZdBPEqbldqsSRbLW-GeQ/videos
Et celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=wTAgLfdZzuU
Où repars-tu ? Et quand ?
Une idée en tête, et l’envie d’associer le prochain projet à une cause. Le financement participatif a déjà aidé mon aventure islandaise ; à mon tour d’aider via un nouveau projet.
Envie de préparer votre propre voyage moto en Islande ? Voici le dernier voyage Planet Ride pour ce pays :
Un roadtrip en voiture est aussi disponible pour l’Islande :
FAQ express
Faut-il un permis spécifique ? Un permis moto valide suffit. Vérifiez l’assurance pour les pistes et les gués : certaines polices excluent les F-roads. Utile pour tout voyage moto europe, Islande comprise.
Quand partir ? De fin juin à début septembre pour l’accès aux Hautes Terres. Hors été, météo et jour réduit limitent les pistes ; privilégiez alors la côte et abris réguliers.
Budget carburant et nuitées ? Carburant plus cher qu’en France ; camping fréquent et hébergements à réserver tôt en haute saison. En voyage moto europe nordique, anticipez davantage.
À savoir aujourd’hui
Ce témoignage reflète une expérience passée. Reste vrai : la force des F-roads, l’exigence du vent, la nécessité d’un rythme réaliste. À vérifier avant de partir : ouverture des F-roads, règles de bivouac (campsites privilégiés), état des gués et conditions du jour. Mettez à jour vos cartes offline et contrôlez vos assurances piste.