New Delhi – Vientiane à moto : 7 400 km sur une transcontinentale méconnue
— Itinéraire pionnier entre l’Inde et le Laos, ce voyage signe une ligne nouvelle sur la carte. Jay Kannaiyan l’a préparé au cordeau et parcouru en un peu plus d’un mois, 7 400 km au guidon d’une Royal Enfield 500 à travers l’Inde, le Myanmar, la Thaïlande et le Laos. Un voyage moto asie rare, pensé pour rouler “vrai” sur des routes peu fréquentées, en cadence réaliste (5 à 7 h de selle par jour), avec des frontières sensibles et une logistique qu’on ne prend pas à la légère. Interview sans effets, avec de vrais repères de terrain.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Jay Kannaiyan. Indien d’origine, j’ai grandi en Zambie et vécu de longues années aux États-Unis. En 2010, j’ai roulé des Amériques à l’Afrique puis jusqu’en Inde. J’ai fondé Jammin Global Adventures pour concevoir des road trips moto loin des foules. Pour cette transcontinentale, je me suis associé à Vintage Rides afin d’ouvrir une route encore peu empruntée.
Parle-nous un peu de ton voyage !
Un road trip transcontinental, préparé à l’avance, en privilégiant des axes secondaires et des régions peu touristiques. Départ de New Delhi, traversée du Nord puis du Nord-Est de l’Inde, entrée au Myanmar, passage par le Nord de la Thaïlande et arrivée à Vientiane. Globalement, on roule 5 à 7 heures par jour, en alternant nationales, routes de montagne et liaisons rurales. Les contrastes sont nets : trafic dense au départ, puis des secteurs calmes et agricoles au Myanmar, avant un asphalte impeccable en Thaïlande et des vallées sinueuses au Laos.
Avec qui es-tu parti ? Avais-tu un partenaire de voyage ?
Avec Noel, un ami australien. Une vraie équipe : chacun son rôle, briefing quotidien, pause carburant/eau toutes les 2 heures. Cette discipline rend la route plus fluide et sûre.
Quel a été l’itinéraire ? Les différentes étapes ?
Étape 1 : New Delhi – Moreh (frontière Inde–Myanmar), en progressant vers l’Est par les États du Nord-Est. Étape 2 : Tamu – Mae Sot, 10 jours pour traverser le Myanmar d’Ouest en Est, avec des haltes marquantes comme Bagan (pistes poussiéreuses, lever/tomber du soleil sur les pagodes). Étape 3 : Nord de la Thaïlande pendant une semaine, asphalte propre, enchaînement fluide de virages. Étape 4 : Laos jusqu’à Vientiane, environ 10 jours avec un détour pour profiter des vallées et rejoindre la Route 13 avant la capitale. Au total : 7 400 km.
Quand es-tu parti ? Pour combien de temps ?
Fin novembre 2014, arrivée pour la nouvelle année. Un peu plus d’un mois sur la route — un rythme qui laisse respirer, sans rouler de nuit.
Quel véhicule ? Pourquoi celui-ci ?
Royal Enfield Machismo 500. Un monocylindre simple, coupleux, reconnu en Inde. Idéal pour tenir 60–80 km/h réguliers hors autoroutes, absorber les irrégularités et susciter des sourires partout. Entretien de base sur la route : graissage de chaîne tous les 500–800 km, contrôle des rayons et des niveaux.
Le voyage a-t-il été compliqué à organiser ? Comment as-tu géré cela ?
Oui. Carnet de Passages indispensable pour la moto. Le Myanmar a demandé de multiples autorisations régionales et de la coordination locale. La Thaïlande s’est avérée fluide côté formalités, le Laos un peu plus fermé. Côté terrain : autonomie carburant d’au moins 250 km utile sur certaines sections du Myanmar/Laos, eau en permanence (2–3 L par personne), cartes offline prêtes avant chaque frontière. Pour un voyage moto asie de ce type, mieux vaut verrouiller les fenêtres météo et les points d’arrêt carburant.
Quel est ton meilleur souvenir ? Le pire ?
Meilleur : le coucher de soleil depuis une pagode à Bagan. Quand le disque plonge, un silence, puis des applaudissements. Magique. Pire : rien de vraiment sombre, si ce n’est la fatigue qui peut monter si l’on force les horaires. D’où l’intérêt d’arriver avant la nuit, surtout en zones rurales.
Quel est le lieu que tu as préféré ? Pourquoi ?
Le Myanmar. Une sensation d’authenticité, des rencontres d’une grande douceur, des routes qui racontent encore le quotidien sans filtre. Un contraste fort avec la Thaïlande, plus rodée au tourisme.
Prévois-tu un autre voyage de ce genre plus tard ?
J’aimerais un jour remonter de l’Inde à la Russie via la Chine et la Mongolie. Une autre échelle, d’autres contraintes, mais l’envie est là.
Quels conseils donnerais-tu aux futurs riders ?
Partir. On peut se perdre en recherches et rater le moment. Et voyager lentement : prendre le temps de la rencontre. Conseil métier Planet Ride : cadencer une étape en 2 × 2 h le matin + 1 × 2 h l’après-midi, brief court à chaque stop, et arrêt final avant la tombée du jour. Sur un road trip inde vers l’Asie du Sud-Est, cette routine limite les risques et garde l’esprit clair.
Vous souhaitez partir en road trip moto en Asie ? Voici ce que Planet Ride vous propose :
À savoir aujourd’hui
Ce récit date de 2014–2015 : l’esprit d’itinérance, la cadence et les repères mécaniques restent justes. Avant de partir, vérifiez l’ouverture/conditions de transit au Myanmar, les règles d’import temporaire en Thaïlande, les exigences de visa/assurance au Laos et la validité d’un road trip inde → Asie par voie terrestre.
FAQ
Faut-il un permis international pour rouler sur cet itinéraire ?
Oui, un permis de conduire international accompagné de votre permis national est la base. Contrôles et tolérances varient selon les pays ; assurez-vous aussi que votre assurance couvre l’ensemble du parcours.
Quelle est la meilleure saison pour un road trip inde – Laos à moto ?
De fin octobre à mars pour éviter la mousson. Matins frais possibles en altitude (Nord-Est indien, Nord thaï, cols laotiens), brumes sur certaines vallées. Finissez vos étapes de jour.
Quelles applis/outils utiles en 2026 pour un voyage moto asie ?
Cartes offline (Organic Maps/Maps.me), traducteur hors ligne, eSIM Asie multi-pays pour garder le cap aux frontières, sauvegardes cloud des documents (CARNET/assurance/immatriculation) accessibles sans réseau.