Le projet Venturide : un tour du monde à moto en 12 mois
À 26 ans, Jean Malissard quitte Londres pour une année sabbatique pas comme les autres : 60 000 km, 5 continents, 40 pays, seul au guidon. Objectif : traverser le monde en reliant les plus belles routes et rencontrer celles et ceux qui les font vivre. Dans cette interview, il détaille son rêve, sa préparation et son itinéraire jour par jour. Un portrait sans emphase, ancré dans le concret, qui donne envie de préparer — sérieusement — son prochain roadtrip moto.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Jean Malissard. J’ai grandi à Londres, étudié au Lycée Français puis en école de commerce au Royaume-Uni. Je travaille depuis quatre ans comme Management Consultant chez Deloitte. Le voyage est une passion née lors d’un échange à Santiago du Chili ; j’y ai parcouru l’Amérique du Sud et j’en garde un goût prononcé pour les grands espaces. La moto est venue après, comme un moyen évident d’aller plus loin, autrement.
Parle-nous de ton projet : qu’est-ce que Venturide ?
Venturide, c’est un tour du monde à moto, en solo, sur 12 mois. Je vise 5 continents, environ 40 pays et 60 000 km. L’idée : voir la diversité du monde à hauteur de route, multiplier les rencontres et prendre le temps d’écouter. Le timing est idéal : je suis en bonne santé, jeune, et j’ai l’assurance de retrouver mon poste au retour. J’ai ouvert un système de dons pour m’aider à boucler l’aventure ; toutes les infos et le programme « 1 € = 1 km » sont sur mon site.
Êtes-vous plusieurs dessus ? As-tu un/une partenaire de voyage ?
Je pars seul. Mon père, motard aussi, m’accompagnera de Londres jusqu’à la frontière turque : trois semaines à deux, un beau prologue, typique d’un voyage moto Europe pour se mettre dans le rythme avant d’enchaîner plus loin.
Quand pars-tu ? Pour combien de temps ?
Départ de Londres le 3 septembre 2016 pour un an. J’avais envisagé février (jour de mon anniversaire), mais avec le permis moto obtenu en décembre, c’eût été trop juste au regard des préparatifs.
As-tu un itinéraire défini ? Laisses-tu une place à l’improvisation ?
Oui : j’ai un tracé jour par jour pour estimer les distances, le carburant et caler les fenêtres de visas. Il reste volontairement flexible (météo, géopolitique, mécanique). L’itinéraire est accessible ici. Concrètement, je table sur des étapes de 200 à 450 km selon le relief, la densité urbaine et l’état des routes, soit 4 à 8 h de selle quand tout se passe bien. En Europe, l’enchaînement autoroutes/secondaires permet d’avancer proprement ; plus à l’est, on alterne routes nationales, sections dégradées et parfois piste roulante. Un voyage moto Europe en trois semaines laisse assez de marge pour absorber un pépin et éviter de rouler de nuit.
Conseil Planet Ride. Sur une année, la clé n’est pas de “faire des kilomètres”, mais de tenir la cadence : anticipez 1 jour de pause tous les 5 à 7 jours et visez une arrivée avant le coucher du soleil. Le meilleur anti-risque, c’est le temps.
Comment t’est venue l’idée de Venturide ? Ta motivation principale ?
J’ai d’abord rêvé d’un Defender. Trop coûteux. Puis « Long Way Round » et « Long Way Down » ont agi comme un déclic : la moto rend l’itinérance plus vivante, plus poreuse aux rencontres. Je ne veux pas vivre avec le regret de ne pas avoir essayé quand c’était possible.
Qu’est-ce que ce voyage représente pour toi ?
Liberté, découverte, inconnu, plaisir. Une parenthèse qui transforme. Ce n’est pas une fuite : c’est un rêve assumé, une manière d’habiter la route différemment.
Un voyage comme celui-ci, est-ce difficile à mettre en place ?
Oui, parce que tout avance en parallèle : administratif (passeport, parfois permis international, visas), légal (assurances), santé (vaccins, trousse d’urgence), finance/budget, recherche de sponsors, mécanique et préparation physique. Le volet logistique implique aussi, selon les pays, un Carnet de Passages en Douane et des assurances locales à la frontière. Côté pratique, j’optimise le poids : eau, outils essentiels, consommables, gants de rechange, et navigation hors-ligne en doublon (trace + carte papier). Pour 60 000 km, la rigueur de projet est non négociable.
Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à de futurs riders ?
Pour des sponsors, ajoutez une dimension sociale ou caritative. Entraînez-vous physiquement, roulez chargé avant le départ et ne vous précipitez pas : quelques centaines d’heures de préparation économisent des milliers d’heures de galère sur la route.
Un dernier mot ?
Deux, même :
1) Si le projet vous parle : le programme « 1 € = 1 km » est ici — merci !
2) Pour suivre l’aventure :
– Facebook
– Itinéraire
– Site
– Newsletter
Mini-FAQ
Faut-il un permis international ?
Souvent utile, parfois indispensable. Anticipez : chaque pays a ses règles, et la délivrance peut prendre plusieurs semaines. Gardez des copies papier et numériques.
Quelle saison pour un tour du monde d’un an ?
On cherche à “tourner autour” des extrêmes : éviter les hivers durs d’Asie centrale (nov.–mars) et les pics de mousson en Asie du Sud-Est (mai–oct.), penser saisons inversées dans l’hémisphère Sud. Ajustez l’ordre des régions en conséquence pour un roadtrip moto plus fluide.
Comment estimer le budget carburant et logistique ?
Basez-vous sur la conso moyenne de votre moto x la distance prévue, ajoutez une marge de 10–20 % et intégrez visas, ferries, assurances locales et entretien (pneus, kit chaîne, filtres). Mieux vaut lisser les grosses dépenses par continent.
À savoir aujourd’hui
Les bases restent vraies : préparation administrative rigoureuse, assurance internationale, sauvegardes hors-ligne et temps de marge à chaque frontière. Entre 2024 et 2026, certains pays ajustent visas, assurances et obligations (ex. Carnet de Passages) : vérifiez les exigences actuelles avant de partir et anticipez l’accès réseau avec une eSIM et des cartes hors-ligne.