Interview de Roberta, spécialiste Vespa & Fiat 500 en Italie
Explorer l’Italie au guidon d’un scooter iconique, ou cheveux au vent dans une petite décapotable, c’est une autre manière de lire le pays : plus lente, plus proche, plus humaine. Dans cette interview, Planet Ride donne la parole à Roberta, partenaire spécialiste des voyages en Vespa et en Fiat 500 cabriolet. Elle vit l’Italie de l’intérieur, connaît ses routes secondaires, ses villages hors radars et ces haltes simples qui font basculer un roadtrip de “joli” à “inoubliable”. Son credo : des véhicules entretenus comme il faut, des itinéraires qui évitent l’Italie-carton, et une vraie place laissée à l’imprévu.
Rencontre avec Roberta
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Prénom : Roberta
Destination : Italie
Ouverture de l’agence : 2003
Pourquoi avoir choisi l’Italie pour t’installer ?
Parce que c’est mon pays. J’y suis revenue en 2002, après plusieurs années vécues en Afrique, et je l’ai redécouverte avec un regard neuf. L’Italie m’a frappée par sa variété de paysages, son patrimoine artistique… et humain. Pour organiser des balades en Vespa ou en Fiat 500 cabriolet, c’est un terrain parfait : on change d’ambiance en quelques virages, et chaque région a sa manière d’accueillir.
Ton agence a-t-elle une particularité par rapport aux autres ?
Notre agence a fait un choix simple : être propriétaire des véhicules proposés à la location. C’est la meilleure façon de garantir un niveau de maintenance constant et de ne pas “découvrir” l’état d’un véhicule la veille du départ.
Quelle est ton histoire ? Comment es-tu arrivée au voyage motorisé ?
En 2002, je vivais et travaillais à Zanzibar, avec ma fille qui avait 3 ans. J’ai décidé de rentrer en Italie pour qu’elle grandisse au contact de la culture italienne — et, dans l’idéal, qu’elle découvre Dante et sa Divina Commedia. Aujourd’hui, à 16 ans, elle ne montre pas un enthousiasme débordant… mais je garde espoir.
Une fois rentrée, mon mari a eu l’idée de proposer des tours en Vespa. On a commencé petit, puis la flotte a grandi chaque année. Ce qui m’a plu tout de suite, c’est ce que permet un roadtrip : relier des étapes par les petites routes, s’arrêter quand on veut, et donner au déplacement la même importance que la destination.
Sur quelles machines roulent les voyageurs avec toi et Planet Ride ?
Notre flotte comprend 120 Vespa Piaggio LX et Special 125 cc, avec boîte automatique. Elles peuvent être conduites avec le permis B (voiture), selon les conditions applicables au moment du départ. Nous proposons aussi 10 Fiat 500 cabriolet.
Pourquoi ce choix d’engins ?
Vespa et Fiat 500 sont des symboles. Ils racontent une Italie que beaucoup ont en tête : celle de Fellini, l’après-guerre industrieuse, le boom économique des années 60… bref, une certaine idée de l’art de vivre à l’italienne. Mais au-delà de l’image, ce sont surtout des véhicules adaptés : faciles à prendre en main, parfaits pour les routes secondaires, et idéaux pour savourer une journée à 50–70 km/h de moyenne réelle, pauses incluses.
Qu’est-ce qui rend un voyage en Italie incontournable, selon toi ?
La possibilité de sortir des itinéraires “obligés”. Nos voyages permettent de découvrir des coins méconnus : des villages où l’on entend encore le dialecte au bar du matin, des routes qui serpentent entre les oliviers, des places où l’on s’arrête “juste cinq minutes” et où l’on reste une heure. C’est souvent là que l’Italie est la plus belle : quand elle n’essaie pas de plaire.
Quelle est la vraie différence entre un voyage simple et un voyage motorisé ?
Dans un voyage motorisé, le trajet d’une étape à l’autre fait partie du voyage. Le mouvement devient une expérience : on traverse, on ressent, on comprend le relief, les distances, les changements d’air. Cela renforce l’esprit de liberté et de découverte — et, d’une certaine manière, on “prend possession” du territoire, parce qu’on l’a parcouru.
Quel est le plus grand avantage à rouler dans les destinations que tu proposes ?
La beauté des paysages, la gastronomie, et la facilité de conduite. Les Vespa sont en boîte automatique : c’est un détail qui compte énormément sur une journée complète, surtout en zones vallonnées, quand on enchaîne arrêts, redémarrages et petites routes.
Ton lieu préféré en Italie ?
Difficile… mais les Pouilles ont quelque chose d’unique, fascinant, presque magique. On a parfois l’impression de ne plus être tout à fait en Italie. Les Trulli d’Alberobello sont un choc visuel, et les oliviers millénaires ont une présence incroyable : on dirait des sculptures vivantes, puissantes et sages à la fois.
Ton meilleur souvenir de ride ?
J’étais derrière un groupe d’une trentaine de Vespa quand une averse de pluie et de grêle s’est abattue. On s’est arrêtés à la première habitation le long de la route pour demander un abri dans un hangar. Les propriétaires nous ont finalement invités chez eux, dans une grande pièce chauffée par une cuisinière à bois. Une vraie nonna préparait un minestrone, et elle a sorti une moka 10 tasses pour nous offrir du café, plusieurs fois.
Ces imprévus sont souvent les meilleurs souvenirs : quand la route impose une pause, et que l’Italie répond par l’hospitalité.
Un mot pour les futurs Planet Riders ?
Que ce soit en Vespa ou à moto, en Fiat 500 ou en quad, un voyage motorisé laisse quelque chose de durable : le sentiment d’avoir vécu le pays activement, pas seulement de l’avoir “visité”.
Mini-guide : réussir son roadtrip en Vespa / Fiat 500 (conseils terrain)
- Cadence “métier” Planet Ride : sur route secondaire, prévoyez des étapes courtes en kilomètres. Mieux vaut rouler moins et s’arrêter mieux (pause toutes les 60–90 minutes) : la fatigue baisse, le plaisir monte.
- Type de routes : privilégiez les départementales italiennes et les routes communales. En ville, les centres historiques (ZTL) imposent des règles : anticipez où vous garez la voiture, et où vous entrez/sortez.
- Météo : en cas d’averse (et a fortiori grêle), les scooters se gèrent bien… si l’on sait s’arrêter. Gardez une marge de temps en fin de journée pour ne pas “pousser” sous la pluie.
- Confort : en Fiat 500 cabriolet, pensez lunettes/écharpe légère : à 60 km/h, l’air fatigue plus vite qu’on ne croit, surtout le soir.
- Hors connexion : téléchargez vos cartes en offline avant de partir ; dans certaines zones rurales, le réseau peut être irrégulier, et le “petit détour” devient vite un vrai détour.
À savoir aujourd’hui
Cette interview reflète l’esprit et l’histoire de Roberta tels qu’ils ont été racontés au moment de l’échange. Ce qui reste vrai : l’approche par les routes secondaires, la recherche de coins méconnus, et l’importance d’une flotte maîtrisée. Avant de partir, vérifiez les règles de conduite liées au permis, les accès aux centres-villes (ZTL) et les conditions locales selon la période.
Mini-FAQ
Peut-on conduire une Vespa 125 en Italie avec un permis B ?
Selon les cas, oui. Les conditions évoluent et dépendent aussi de votre situation (ancienneté du permis, règles en vigueur). Vérifiez systématiquement avant le départ.
Quelle saison privilégier pour un roadtrip en Italie en Vespa ?
Le printemps et le début d’automne restent les plus confortables : températures plus douces et circulation souvent plus fluide qu’en plein été.
Faut-il prévoir du réseau mobile en continu ?
Non, mais il faut anticiper : cartes offline, adresse des hébergements notée, et une marge de temps quotidienne pour gérer une portion sans signal.