Rallye Dakar 2018 : 4e jour — rythme, sable et premiers écarts
— Pour sa 40e édition, le Rallye Dakar traverse le Pérou, la Bolivie et l’Argentine sur 14 jours, près de 9 000 km dont environ 5 000 km de spéciales. Hors-piste massif, altitude, navigation au cordeau : ce début de course a déjà creusé des écarts. Au 4e jour, les leaders confirment, les outsiders s’accrochent, et chacun gère le même dilemme permanent d’un rallye raid : aller vite, sans jamais s’écarter de la trace officielle.
Le cadre de la 40e édition
Cette année-là, la course aligne cinq catégories (motos, quads, autos, buggys, camions). Côté moto, 139 pilotes de 29 pays prennent le départ. Sept étapes sur quatorze sont à 100 % hors-piste, et cinq jours se déroulent au-dessus de 3 000 m d’altitude, où les moteurs comme les organismes encaissent moins bien. Les spéciales comportent deux Contrôles de Passage, dont un ravitaillement essence avec arrêt obligatoire de 15 minutes : de quoi souffler, sans perdre le fil.
“Le retour au Pérou nous a ouvert des secteurs encore inconnus… l’endurance extrême en Bolivie… et un pic de difficulté en Argentine, théoriquement sur la Super Fiambalá.” — Marc Coma, directeur sportif
Jours 1 à 3 : ce qu’il faut retenir
Étape 1 Lima > Pisco (env. 270 km)
Départ dans les dunes, motos en premier. Les amateurs ouvrent la piste, l’élite part en dernier. Dans ce sable péruvien mou, la moindre erreur coûte des minutes. Sam Sunderland, tenant du titre, s’installe déjà en tête du général. Adrien Van Beveren signe un solide 4e temps, et l’Espagnole Laia Sanz termine 12e : propre, appliqué. Côté autos, Nasser Al-Attiyah frappe fort sur l’ouverture tandis que Sébastien Loeb boucle l’étape sans freins, gestion d’urgence à chaque virage.
Étape 2 : autos devant, sans “rails” de moto
Les voitures partent avant les motos. Un détail qui change tout : personne à copier, navigation pure au cap et au roadbook. Étape compacte (~280 km) mais cassante, alternance de dunes et de zones roulantes, où l’on peut facilement “jardiner” et perdre la minute bêtement.
Étape 3 : première vraie sélection (~500 km)
Longue journée, concentration maximale sur la spéciale, liaisons plus fraîches mais nerveuses. Nani Roma, favori en auto, est contraint à l’abandon après une série de tonneaux : rappel immédiat que le rythme se paie cash. Pour tous, la consigne est claire : tenir le cap, éviter les creux piégeux, protéger le matériel pour le bloc péruvien encore à venir.
Jour 4 : 450 km dont 330 de spéciale, cap sur les grandes dunes
Le menu du jour annonce 450 km au total, avec 330 km chronométrés. Deux CP, halte essence obligatoire (15 minutes). Les premières cordons de dunes s’enchaînent, le vent du Pacifique peut lisser ou au contraire cisailler les crêtes : attention aux descentes “aveugles”. En navigation, mieux vaut valider chaque note du roadbook et accepter de perdre 20 secondes pour gagner 20 minutes à l’échelle de la journée. Les écarts se font ici sur la lucidité plus que sur la seule vitesse.
Course dans la course : gestion, altitude, mécanique
- Plus de la moitié du kilométrage en spéciale impose un pilotage souple : préserver l’embrayage dans le mou, garder de l’élan, éviter les relances inutiles.
- À plus de 3 000 m, on anticipe la baisse de puissance et la fatigue cognitive : boire souvent, fractionner l’effort, garder une marge dans les dunes ventées.
- Les liaisons, souvent asphaltées, servent à recharger mentalement et mécaniquement. Un serrage vite vérifié peut sauver la spéciale suivante.
- En hors-piste total, on lit le relief : herbe à chameaux, cassures, oueds asséchés. La bonne trace est celle qui ménage la machine.
- Ravitaillement imposé sur spéciale : on contrôle pneus, mousses, chaînes, filtres. Un simple dépoussiérage de filtre à air peut rendre des chevaux.
Conseil Planet Ride : sur une journée type 450 km avec 330 km de spéciale, cadencer en mini-blocs de 45–60 minutes de pilotage “propre”, puis micro-pause technique (eau, respiration, note suivante). La fraîcheur se transforme en régularité, et la régularité fait le classement.
Suivre la course et prolonger l’envie
Classements et résumés officiels : dakar.com. Et si ces dunes vous parlent, nos experts locaux façonnent des roadtrips inspirés des grands décors de la course, au bon rythme et avec l’encadrement qu’il faut pour profiter sans approximation.
Vous aussi, partez à l’assaut des dunes du rallye raid et bien plus !
À savoir aujourd’hui
Le principe reste le même en 2026 : longue traversée, hors-piste exigeant, navigation au roadbook, gestion fine de l’effort et de la mécanique. Avant de planifier ou de suivre la course, vérifiez chaque année le parcours, les règles de sécurité, les modalités d’accès aux bivouacs/espace spectateurs et les outils officiels pour le suivi en direct.
Mini-FAQ
Puis-je rouler sur des pistes “type Dakar” en voyage ?
Oui, hors période de course, avec un itinéraire adapté, une assurance correcte et l’encadrement d’un expert local. On respecte les zones protégées et les terrains privés.
Quelle saison viser pour un roadtrip motorisé sur ces zones ?
Selon l’altitude et les régions traversées, on évite les fortes pluies et on cible les périodes sèches et stables. Votre consultant ajuste l’itinéraire à la fenêtre météo la plus sûre.
Permis et assurance : que prévoir ?
Permis adapté à votre véhicule (souvent international) et assurance couvrant l’off-road si prévu. Demandez la liste des documents obligatoires avant départ.