Sylvain Tesson : une aventure exceptionnelle sur le lac gelé du Khövsgöl
Au cœur de l’hiver mongol, là où la steppe rejoint la taïga, une équipe menée par Sylvain Tesson et Alexandre Zurcher (co‑fondateur de Planet Ride) a tenté l’improbable : traverser le lac Khövsgöl entièrement gelé, en side-cars Royal Enfield. Départ de Mörön, cap au nord, vent de face, thermomètre largement sous les –30 °C. Cette chevauchée glacée n’est pas un guide, c’est un moment de grâce dure, un récit de machines et d’hommes au bord du monde. Pour qui rêve de mongolie en moto, ce témoignage rappelle ce que la route exige quand la glace devient piste et que chaque mètre conquis se gagne à l’ongle.
Carnet de route, mars 2017
Le 6 mars 2017, sept compagnons s’élancent depuis Mörön, capitale de la province de Khövsgöl. Objectif : 1 000 km en 10 jours à travers steppes et montagnes jusqu’au lac Khövsgöl, “perle bleue de Mongolie”, posé à 1 675 m d’altitude. Long de 136 km, large de 36, ce géant ancien borde, à l’est, la chaîne des Khoridol Saridag, conifères serrés et reliefs à près de 3 000 m. La configuration du terrain dicte tout: la glace est piste, l’horizon est boussole, chaque souffle de vent rebat les cartes. Un road trip mongolie qui ne triche pas avec les éléments.
Sur la glace: vitesse maîtrisée, confiance totale
Le lac gelé commande une conduite au millimètre. Rafales latérales, plaques polies, congères, fissures qu’il faut lire à distance: tout invite à rouler propre, sans brusquerie. Les side-cars Royal Enfield avancent à allure réduite, plusieurs heures de roulage effectif par jour, entrecoupées d’arrêts pour contrôler la surface, resserrer une vis, vérifier une fuite. L’adhérence varie selon la neige soufflée ou la glace vive; on privilégie les trajectoires qui “chantent” sous les pneus et on évite les zones sombres où l’eau affleure. Ici, la confiance se place dans l’équipage, la mécanique et la capacité à renoncer si la glace parle trop fort.
Aux portes de la Sibérie
Le Khövsgöl dort à la frontière russe. Son ancienneté se compte en millions d’années, et son hiver, lui, ne négocie jamais. À –40 °C, tout devient logistique: gants chauffants sous moufles, visières qui gèlent, souffles brefs. Les étapes se cadrent avec humilité: on part tôt quand la lumière rase révèle mieux les lignes de fracture, on ménage les corps et les moteurs pour rester lucides l’après-midi quand le vent forcit. Un road trip mongolie est beau quand il reste sûr: cette règle tacite accompagne chaque décision sur la glace.
Hommes et machines: une chorégraphie de précision
Les Royal Enfield attelées encaissent: démarrages à froid, huile épaissie, chaînes qui claquent si la tension n’est pas parfaite. Les équipages protègent batteries et durits du gel, stockent le carburant à l’abri du vent, et surveillent les commandes qui durcissent. Sur les portions soufflées, la tôle ondulée de glace blanche secoue les attelages; sur la glace lisse, on reste souple sur les gaz pour éviter tout transfert brutal. C’est une chorégraphie lente: ouvrir la route, sonder, faire signe, passer à tour de rôle, puis s’arrêter pour un thermos brûlant et une vérification rapide: rayons, attaches, silentblocs. La route se gagne par les détails.
De l’aventure au récit
De cette expédition naîtront un film, réalisé par Clément Gargoullaud, et un livre co‑écrit par Sylvain Tesson et Thomas Goisque. Les pages et les plans diront l’essentiel: immensités blanches, montées d’adrénaline sur une surface vivante, rencontres furtives le long des rives, et cette joie compacte des équipes quand le moteur repart au premier coup de kick après une nuit à –35 °C. Rien d’héroïque, juste l’exacte mesure d’un terrain qui ne supporte pas l’approximation, et la récompense: tenir la ligne jusqu’au bout.
Envie de route en Mongolie?
Si cette traversée vous parle, sachez qu’un voyage en mongolie en moto se prépare autrement qu’un road trip d’été. Les distances se condensent, les temps de conduite réels s’ajustent à la lumière, et l’équipement fait la différence. Nos experts locaux savent calibrer des étapes qui laissent du temps à la mécanique comme au corps — la clé pour rouler longtemps, sans se mettre en danger.
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À savoir aujourd’hui
Le lac Khövsgöl gèle toujours en hiver et les conditions restent extrêmes entre janvier et avril: froid sévère, vent, visibilité changeante. Avant de partir, vérifiez l’accès au lac, les autorisations locales, l’état de la glace et les assurances adaptées aux activités motorisées sur surface gelée. Privilégiez un itinéraire encadré par des experts du terrain et préparez outils, pièces sensibles au froid et navigation offline.