La plus belle route de la semaine : le Col de Turini en France
— Dans les Alpes-Maritimes, le Col de Turini (1 607 m) condense ce que l’on vient chercher en montagne : épingles serrées, forêts profondes, vues sur la Méditerranée et ambiance de spéciale du Monte-Carlo. Au départ de Sospel, on remonte les gorges, on traverse Moulinet, on file vers Peïra-Cava puis le sommet. Côté ouest, la descente sur La Bollène-Vésubie est plus raide et spectaculaire. Une parenthèse parfaite pour les amateurs de routes mythiques et pour celles et ceux qui rêvent de tester les alpes en moto sur une demi-journée bien cadencée.
Pourquoi le Turini compte
Route-totem du rallye de Monte-Carlo, le Turini est aussi une leçon de pilotage à ciel ouvert. Le ruban est étroit, la pente sérieuse et l’enchaînement d’épingles demande un rythme précis. En prime, le panorama bascule tour à tour vers la Méditerranée et le haut-pays niçois. C’est une pièce maîtresse d’un roadtrip alpin court, intense, maîtrisé.
La montée depuis Sospel — en vignettes
Gorges de Piaon et Notre-Dame de la Menour
Description courte — Depuis Sospel, comptez environ 25 km d’ascension progressive. La route serpente dans des gorges étroites, entre parois et murets de pierre, avec un dénivelé moyen autour de 5 % jusqu’à la chapelle.
Pourquoi ça compte — Mise en jambes idéale : rythme fluide, visibilité correcte, point de vue qui s’ouvre peu à peu.
Où/quand s’arrêter — Petite halte à la Notre-Dame de la Menour pour souffler et ajuster la suite du rythme (5 à 10 min).
Moulinet, la bascule
Description courte — Après 2 km plus roulants, on traverse le village de Moulinet avant que la pente se durcisse à 7–8 %.
Pourquoi ça compte — Premier vrai “tonique” pour les freins et les trajectoires. Le couvert forestier (feuillus puis conifères) garde l’asphalte frais, parfois humide hors saison.
Où/quand s’arrêter — Fontaine ou café de village pour faire le point. Plein d’eau, coupe-vent à portée, surtout au printemps et à l’automne.
Peïra-Cava et variantes d’accès
Description courte — Les routes arrivant par le col de l’Escarène (principal), le col de Braus ou le col de Saint-Roch se rejoignent vers Peïra-Cava pour les derniers kilomètres, plus roulants, jusqu’au sommet du Turini.
Pourquoi ça compte — Trois ambiances, trois façons de moduler votre boucle en fonction de la foule, de la météo et de votre envie du jour.
Où/quand s’arrêter — Pause courte à Peïra-Cava pour vérifier pneus et freinage avant l’ultime rampe.
Au sommet et la boucle de l’Authion
Description courte — Depuis le col, on peut prolonger par le circuit de l’Authion via le Camp d’Argent, la Baisse de Tueis, la Vacherie de Cabanes Vieilles et la Redoute des Trois Communes (plus de 2 000 m).
Pourquoi ça compte — Décor militaire, mémoire alpine et vues à 360°. Le revêtement se dégrade par endroits, la chaussée se rétrécit et la boucle passe à sens unique sur certaines sections.
Où/quand s’arrêter — Arrêt court à la Baisse de Tueis pour souffler et préparer la descente.
Descente vers La Bollène-Vésubie
Description courte — Côté ouest, c’est le versant le plus pentu. On traverse le hameau du Prad’Alart, une belle forêt de conifères, un court tunnel, puis une série d’épingles impressionnantes jusqu’à La Bollène-Vésubie et la D2565.
Pourquoi ça compte — Gestion fine des freins et des trajectoires, surtout si l’asphalte est froid ou moucheté d’aiguilles de pin.
Où/quand s’arrêter — La Bollène-Vésubie pour une pause carburant et un café. Remontée possible vers Lantosque si vous prolongez.
Conseils pratiques 2026
- Comptez 45 à 60 minutes d’ascension Sospel > Turini en conduite réaliste, hors arrêts. La boucle par l’Authion ajoute 45 à 75 minutes selon l’allure et les conditions.
- Saisonnalité : l’hiver et au début du printemps, neige/verglas possibles sur les sections à l’ombre. Vérifier l’ouverture des D2566/D2565 et éventuelles fermetures lors du rallye (janvier).
- Carburant/eau : faites le plein à Sospel ou à La Bollène-Vésubie. Rien de fiable sur la boucle de l’Authion.
- Navigation offline : préchargez votre trace (OsmAnd/Maps.me) et gardez une carte papier. eSIM utile si vous arrivez sans roaming.
- Cadence Planet Ride : alterner 15–20 minutes de conduite soutenue et micro-pauses de 3–5 minutes pour garder lucidité et freins au frais.
- Réglementation France (rappel) : gants CE obligatoires à moto ; vitesse limitée (50 en agglomération, 80/90 sur départementales selon sections). Contrôles possibles les week-ends.
- Respect du milieu : le Turini frôle le Mercantour. Restez discret sur les gaz, évitez les rupteurs près des hameaux et zones de quiétude.
- Idée de boucle “balade moto alpes” demi-journée : Sospel > Moulinet > Turini > Authion > La Bollène-Vésubie > retour. Variante plus douce par Peïra-Cava si météo instable.
Accès rapide
Depuis Nice, rejoindre Sospel par l’A8 (sorties Menton/La Turbie selon option), ou La Bollène-Vésubie par la vallée du Var. La montée principale côté rallye s’entame classiquement à Sospel, la descente vers La Bollène reste la plus raide.
Mini-FAQ
Quelle est la meilleure saison pour rouler au Turini ?
Avril à octobre, avec un pic de plaisir au printemps et en septembre. Évitez les épisodes neige/verglas sur les parties à l’ombre. Par grosses chaleurs, la forêt rend la montée plus supportable.
Faut-il une machine spécifique pour ce roadtrip ?
Toutes motos/auto en bon état passent. Des pneus en bon état et un freinage sain sont essentiels. Pour les alpes en moto, un guidon large et une démultiplication pas trop longue aident dans les épingles.
Un itinéraire “balade moto alpes” pour débuter ?
Oui : montez par Sospel (rythme progressif), évitez l’Authion si la météo se gâte, et redescendez côté La Bollène-Vésubie pour une expérience complète sans surcharge.
Ce col reste un classique pour qui veut vivre les alpes en moto sans y consacrer plusieurs jours. C’est court, dense, juste — la signature d’un grand itinéraire.