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Interview d’Emmanuel Milou, co-créateur d’Art d’Oeuvre

Publié le 4 mars 2016

Interview d’Emmanuel Milou, co-créateur d’Art d’Oeuvre

Interview d’Emmanuel Milou, co-créateur d’Art d’Oeuvre

Photographe voyageur et co-créateur d’Art d’Oeuvre, Emmanuel Milou vit à Montréal depuis une décennie. Des ports d’Islande aux Rocheuses canadiennes, jusqu’à Churchill au bord de la baie d’Hudson, il traque la lumière, compose avec les éléments et travaille ses images comme on peaufine un itinéraire. Dans cette interview photographe voyage, il revient sur ses choix esthétiques — longues expositions, Blue Hour — et sur des terrains qui marquent: l’Islande en fin d’hiver, les lacs turquoise de l’Alberta, le Nord où l’on attend l’aurore. Une voix de praticien, précise et simple, pour celles et ceux qui aiment relier route et regard.

Le témoin

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Emmanuel Milou, 33 ans, originaire de Dijon. Je vis à Montréal (Canada) depuis 10 ans et je travaille comme consultant en logiciels libres. Je voyage dès que possible, appareil en bandoulière, avec une affection particulière pour les paysages.

Parle-nous de votre blog. Quand l’avez-vous créé ? Pourquoi ?

Avec Jacq et Renaud, nous avons lancé en 2007 le collectif “Art d’Oeuvre du Chef” pour expérimenter des courts-métrages en stop motion sous licence Creative Commons, exclusivement avec des logiciels libres. Notre blog partage nos créations et des tutoriels. En chemin, j’ai plongé dans la photo HDR en m’inspirant de Trey Ratcliff et Eli Locardi, séduit par l’idée d’assembler plusieurs expositions. J’alimente aussi mon portfolio avec mes images préférées.

Regard et méthode

Qu’aimes-tu dans la photographie ?

Le paysage, d’abord. J’aime prendre le temps: composer, travailler les contrastes, jouer des couleurs et des longues expositions. La majorité de mes images naissent en voyage, quand la route impose un rythme et que la météo dicte la palette.

Un thème, ou tu captures ce qui vient ?

J’attends la lumière douce. Je suis plus souvent dehors le soir que tôt le matin, mais j’adore la Blue Hour, ces 30 à 60 minutes après le coucher (ou avant le lever) où tout se joue sur des poses plus longues. Je cherche des scènes mêlant immobile et mouvement: eau, nuages, phares de voitures. La traînée lumineuse d’une route sur une pose longue, c’est un vrai plaisir de composition — un écho discret au roadtrip.

Terrains qui marquent

Parmi tes voyages, quels pays préfères-tu ? Pourquoi ?

L’Islande, d’abord. Nous y étions en mars pour traquer les aurores. La chasse a échoué… mais les paysages et la lumière m’ont offert certaines de mes images favorites. Ensuite, les Rocheuses canadiennes: montagnes imposantes, lacs turquoises, une scénographie naturelle qui pousse à simplifier le cadre. Enfin, Churchill (Manitoba), sans doute mon lieu préféré. Capitale mondiale de l’ours polaire, sur la baie d’Hudson: on y vient en train depuis Winnipeg (pas de route) — nous avons mis trois jours. Nous étions au Churchill Northern Studies Center: chaleureux, confortable, avec un dôme d’observation. En octobre/novembre, quand la banquise tarde, la faune est là et le ciel s’anime.

Pour la photographie aurore boréale, j’expose en général entre 4 et 15 secondes selon la puissance. L’hiver, les nuits sont vives: -20 à -50 °C. À la prise de vue, chaque souffle compte; au déclenchement, le résultat surprend toujours. Dans les Rocheuses, au lac Moraine, les premiers rayons teintent le turquoise: au petit matin, le reflet des sommets est un cadeau — on s’y déplace par groupes de quatre à cause des grizzlis.

Qu’aimes-tu au Canada ?

Les grands espaces, les saisons, les gens. Et Montréal, agréable à vivre, même si l’hiver s’éternise parfois.

Des projets à venir ?

Retourner en Islande au printemps ou en été pour le soleil de minuit et des couleurs plus ouvertes que l’hiver. Découvrir l’Amérique du Sud: La Havane, le Pérou, le chemin des Incas vers le Machu Picchu — et des levants en montagne.

Images commentées

Peux-tu présenter quelques-unes de tes meilleures photos et les commenter ?

• Churchill, Manitoba: à l’œil nu, je ne voyais pas l’aurore. Pose de quelques secondes, cadrage avec la Lune et Vénus — l’aurore apparaît à l’écran. Un alignement rare, presque irréel.

• Aurore en plein ciel: rideau vert, ondulation, rayons qui tombent. Quand le ciel danse, l’adrénaline et la précision technique doivent cohabiter.

• Höfn, Islande: un port, un coucher de soleil, une retouche qui renforce l’impression de “bout du monde”. Peu de jours de soleil — celui-ci a compté.

• Vancouver: tout ce que j’aime — Blue Hour, eau, nuages, un pilier en premier plan, la ville au fond, et une longue exposition qui lie le tout.

• Lac Moraine, Rocheuses: lever du jour, reflets nets, ligne de conifères, turquoise qui s’allume. La “photo carte postale” qu’on mérite quand on se lève tôt.

• New York City: une de mes premières HDR, à valeur sentimentale. Elle me rappelle le moment où la technique a ouvert un autre regard.

Conseil Planet Ride — Sur un itinéraire photo/route, gardez une marge en fin de journée: 30 à 45 minutes pour installer trépied et cadrer à la Blue Hour. Mieux vaut 200–250 km utiles qu’une étape trop longue qui fait rater la bonne lumière.

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Vous partez au Canada ou en Islande ?

Nos experts locaux conçoivent des itinéraires qui respectent le terrain et votre rythme. Deux inspirations pour prolonger cette interview photographe voyage et pratiquer la photographie aurore boréale en conditions réelles:

FAQ éclair

Quelle saison pour la photographie aurore boréale à Churchill ?
Pic d’observation en octobre-novembre et cœur d’hiver; nuits longues, froid sec. Prévoyez couches thermiques et batteries de rechange (elles déchargent vite).

Faut-il réserver longtemps à l’avance ?
Oui pour Churchill (train et hébergements spécialisés) et pour certains parcs des Rocheuses en haute saison.

Quel matériel photo privilégier en roadtrip ?
Trépied stable, télécommande ou retardateur, grand-angle lumineux, filtres ND pour l’eau/nuages, et housse anti-pluie; cartes mémoire doublées et sauvegarde offline.

À savoir aujourd’hui

Ce qui reste vrai: Churchill n’est accessible ni par route ni par simple improvisation — la logistique (train/vol + hébergement spécialisé) structure le voyage; la Blue Hour et les longues expositions font la différence sur le terrain. À vérifier avant de partir: disponibilité du train Winnipeg–Churchill et réservations des centres d’observation, règles locales pour drones/animaux, et couverture réseau/eSIM au nord du Manitoba.

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