L’Amérique du Sud à moto : le super roadtrip d’Alexandre
Étudiant de 25 ans, Alexandre a traversé l’Amérique du Sud en solitaire, au guidon d’une 125 cm3. Durant 5 mois et demi, il a relié Brésil, Paraguay, Argentine, Chili, Bolivie, Pérou, Équateur, Colombie et une incursion au Venezuela. Dans cet entretien, il raconte son voyage moto avec précision et simplicité : l’achat de la machine, les frontières, les pistes du haut-plateau andin, la jungle amazonienne, les nuits en hamac et les rencontres qui façonnent une vie de rider.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Alexandre, j’ai 25 ans, étudiant en école de commerce et passionné de route. J’ai lancé une chaîne YouTube « Alex Travels » pour partager mes aventures : https://www.youtube.com/watch?v=ctyM_elIHqU
Comment est né ton projet de roadtrip à moto ?
La moto m’accompagne depuis l’adolescence. Le déclic vient d’un mois en Indonésie, où j’ai loué une Kawasaki KLX 250 pour explorer Bali. J’ai compris que je voulais voyager sur deux roues, longtemps, loin. Un ami m’a ensuite fait découvrir le film Carnets de Voyage. À partir de là, objectif clair : tracer l’Amérique du Sud à moto.
Pourquoi l’Amérique du Sud, et pourquoi à moto ?
Pour la variété de terrains et de cultures. À moto, on vit chaque relief, chaque souffle d’air. Les Andes, l’Amazonie, la côte caraïbe… On passe en quelques jours de l’altiplano à 4 000 m à la jungle humide. C’est le format idéal pour un voyage moto intense mais libre.
Quel véhicule as-tu choisi, et pourquoi ?
Une Yamaha YB 125. Budget d’achat sous 900 €, mécanique simple, faible consommation, pièces faciles à trouver du Paraguay à la Colombie. Autonomie réelle à viser : 250–300 km avec un petit réservoir + bidon. Sur 13 000 km, zéro panne majeure. En Bolivie et au nord du Chili, la 125 passe partout si on respecte le rythme de la machine.
Quand es-tu parti et combien de temps ?
Départ en septembre 2016, retour en mars : 5 mois et demi. Sur une 125, je cadencerais aujourd’hui 200–300 km par jour selon le relief. Dans les Andes, 250 km peuvent prendre 6–8 h réelles à cause des cols et des pistes.
Tu es parti seul ?
Oui. Seul au départ, et rapidement jamais isolé. On rencontre beaucoup de voyageurs. J’ai même croisé celle qui est devenue ma compagne à Santa Marta, en Colombie. La route crée des liens.
Quel a été l’itinéraire et le déroulé ?
Vol Paris–Rio pour le tarif, bus vers Asunción pour l’achat de la moto, puis cap au nord-ouest. Nord de l’Argentine, San Pedro de Atacama, salar d’Uyuni et La Paz pour un vrai parfum de roadtrip bolivie (ripio, tôle ondulée, froid sec la nuit). Ensuite Pérou (Puno, Cusco, Lima), détour par l’Amazonie jusqu’à Iquitos, puis Équateur, Colombie du sud au nord et une pointe vers le Venezuela. Quelques repères terrain : l’altiplano c’est 3 500–4 500 m (penser à s’hydrater), entre Arequipa et Puno les virages s’enchaînent, sur la Panamericana on gagne du temps mais on perd du charme. En jungle, la pluie ralentit tout. Conseil de pro Planet Ride : on cale des journées “courtes” (200–250 km) et on anticipe un jour off tous les 4–5 jours pour garder lucidité et plaisir.
L’organisation a-t-elle été compliquée ?
Oui et non. Beaucoup d’incertitudes sur l’achat-immatriculation au départ, donc j’avais un plan B (voyager en bus). Au Paraguay, j’ai géré contrôle technique, acte notarial, immatriculation locale, carte grise, le tout en espagnol basique. Aux frontières, patience et photocopies. Pour le reste, j’ai préparé un fil rouge réaliste (temps/budget), le reste s’est fait à la rencontre et à l’opportunité.
Où as-tu dormi ?
Principalement en auberges de jeunesse (dortoirs souvent à 6–10 € la nuit). J’avais un hamac pour les segments “à la dure”. Moment fort : la traversée de l’Amazonie en bateau de marchandise, hamac à bord, 5 jours entre Pucallpa et Iquitos puis 10 jours d’Iquitos à San Sebastian Del Coca. Sur ces portions, prévoir 2–3 L d’eau par personne et des snacks, réseau mobile aléatoire et navigation au rythme du fleuve.
Un lieu coup de cœur ?
Difficile d’en choisir un. Les chutes d’Iguaçu, le salar d’Uyuni au lever du soleil, la côte caraïbe en Colombie… Mais surtout des visages, des gestes partagés le long de la route. Mon roadtrip bolivie m’a marqué par sa rudesse et sa beauté brute.
Un message pour les futurs riders ?
Lancez-vous. Restez humbles sur le rythme, évitez de rouler de nuit, et gardez une marge sur chaque étape. Un voyage moto n’est pas une course : c’est une somme de choix lucides.
Des conseils pratiques à partager ?
Voyagez léger (sac 35 L, 8 kg max, l’essentiel et c’est tout). Téléchargez vos cartes offline avant les zones blanches. En altitude, couche thermique + gants étanches. Sur piste, baissez un peu la pression des pneus pour le grip et ménagez la 125. Et dites oui aux rencontres : elles façonnent l’itinéraire autant que la carte.
La vidéo de cette aventure : https://www.youtube.com/watch?v=ctyM_elIHqU
Merci Alexandre !
Vous aussi, vous souhaitez partir sur les routes d’Amérique du Sud pour un voyage moto ?
À savoir aujourd’hui
Ce récit reste une belle base d’inspiration pour mesurer les distances, la variété des terrains et l’esprit “autonomie accompagnée” qu’exige l’Amérique du Sud. Avant de partir, vérifiez l’actualité des passages de frontières, les conditions d’immatriculation/assurance pour un étranger, les saisons andines et amazoniennes, ainsi que les exigences de permis et d’équipement selon chaque pays.
FAQ express
Quel permis pour conduire une 125 cm3 en Amérique du Sud ?
Le permis A1 ou équivalent + permis international restent la base. Selon les pays, la 125 peut être assimilée à une moto légère : conservez vos originaux et copies, et respectez scrupuleusement casque et feux.
Quelle saison privilégier sur un itinéraire Andes–Amazonie–Caraïbes ?
Sur l’altiplano (Bolivie–Pérou), la saison sèche offre des pistes plus roulantes. En Amazonie, les pluies rythment vitesses et accès fluviaux. Côté Caraïbes colombiennes, chaleur et humidité demandent des pauses fréquentes.
Quel budget quotidien réaliste en solo ?
Compter souvent 20–40 € par jour selon pays et rythme : dortoir 6–10 €, carburant variable selon altitude/étapes, repas 8–15 €. Gardez une réserve pour l’imprévu (pneus, ferries, jours “off”).