Depuis 10 ans exactement Hubert parcourt le monde à bord de son Side-car. Dix ans sur la route, c’est le nom qu’il a donné son projet. La somme d’argent qu’il possédait à son départ, après avoir tout vendu devait lui permettre de voyager pendant 10 ans. Aujourd’hui les années ont passé et la boucle est bouclée. Où est Hubert ? Retour sur ce tour du monde à moto atypique.

Partir en tour du monde en side-car…

« Quand on vit dans des grandes villes comme New York, on retourne ses poches le 31 décembre et elles sont vides parce qu’avec ces styles de vie, on dépense tout ce que l’on gagne !  Soit je continuais à travailler pendant 10 ans et je serais pauvre après… Soit je vendais tout ce que j’avais, je partais voyager pendant 10 ans sur mon side-car et je serais pauvre après ! »

Et quelle décision. Suivant son instinct et sa rengaine favorite : « n’oublie pas de prendre un risque aujourd’hui », Hubert 58 ans à l’époque, choisit de partir, une décision qu’il juge la meilleur de sa vie.

Hubert lors de son road-trip moto à travers le monde

16 février 2005, New York, 6h04 du matin : l’aventure commence 

Hubert quitte New York à bord de son side-car BMW équipé pour un voyage à durée indéterminée. Il prend la direction du cercle polaire, la première étape de son aventure. Son arrivée à Tuktoyaktuk en Mars 2005 marque clairement son meilleur souvenir de ride.

Un souvenir de ride particulièrement intensif : Hubert avait dû parcourir un tronçon de 380 km dans un désert de glace, par -40 degrés. Ayant toujours vécu dans de grande villes comme Paris, Los Angeles, New York, se retrouver seul au monde etait une expérience terrifiante. En passant le Col d’Ogilvy, au Nord Ouest du Canada, Hubert dû affronter les éléments. Le blizzard en plein fouet et des températures extrêmes, c’est les yeux ouverts par alternance et ne sentant plus les vibrations de sa BMW qu’il s’est accroché et a parcouru la Dempster Higway, une route du grand nord du Canada.

« Je me me répétais « Hubert tu ne t’arrêteras pas », certain que je ne pourrais plus repartir… mentalement, je faisais l’inventaire de mon équipement de survie que je prendrais avec moi si j’étais bloqué dans cette tempête » nous confie-t-il. Quel soulagement et qu’elle fierté, d’arriver enfin à Tuktoyaktuk après des journées de ride en solitaire.

Hubert lors de son road-trip moto à travers le monde dans le grand nord

Réussir un tour du monde en solo demande beaucoup de travail 

Au retour de Tuktoyaktuk, juste au dessous du cercle Polaire, Hubert rencontre Harvey Van Patten dans une station essence. Si Hubert voyage en side-car, Harvey, c’est en chien de traineau qu’il suit sa route en solitaire. Embarqués dans la même aventure où dormir sur un lac gelé comme gérer les problèmes techniques en solitaire sont le lot du quotidien, les deux hommes se sont tout de suite compris. En partant Harvey lança à Hubert : « Parce-que nous ne sommes pas salariés, les gens pensent que nous ne travaillons pas… Je leur répondrais que pour réussir ce que nous faisons, cela demande beaucoup de travail de notre part! ». Une superbe rencontre, l’une des meilleurs.

Hubert sur la route en side-car

Un road-trip à travers le monde loin de se terminer

De 2005 à 2008 Hubert a parcouru les routes du continent Américain. Des routes de glace du grand nord canadien à l’antarctique où Hubert a pu observer les icebergs au levé du jour depuis son navire l' »Explorer » son side-car lui a permis de sillonner les routes sans frontières. Il explore le sud, l’Argentine, Bolivie, Pérou… En 2008 il s’envole pour l’Europe où il explore le vieux continent avant de poursuivre vers le nord de l’Asie. Il explore la Scandinavie jusqu’à la Mongolie. En 2011 c’est en Afrique qu’on peut apercevoir ses lunettes rougeoyantes parcourir les routes du Ghana. Jusqu’en 2013 il traverse l’Afrique et l’Europe. Aujourd’hui on sait qu’il se trouve en Inde et déterminé à poursuivre son road-trip.

Quand on lui demande s’il voudrait s’arrêter, maintenant que cela fait 10 ans qu’il ride à travers le monde, il préfère nous parler de ses futures destinations. En ligne de mire, les cols de l’Himalaya à partir de Mai, jusqu’au Tibet en septembre. Ensuite, il serait tenté par l’Australie, pourquoi pas… mais c’est déjà trop loin pour qu’Hubert puisse se projeter, lui qui suit les opportunités du quotidien.

Si un jour il devait s’arrêter, ce serait peut être en France ou aux Etats-Unis dans un endroit simple, calme, hors de la foule.

Hubert lors de son road-trip moto à travers le monde dans les champs

Voyager en Side-car c’est être attaché à sa liberté

Le side-car et la moto représentent pour Hubert une liberté totale, une vie nomade qui se fait au jours le jours, sans calendrier ni itinéraire. Plus qu’un véhicule motorisé, le side-car est un mode de vie. Lui qui ride en side-car depuis 1971, ce n’est pas demain qu’il en changera.

A part son site qui lui sert de carnet de voyage, Hubert ne tiens pas ses comptes et ne chiffre pas les kilomètres. Pour lui ce qui est important c’est de conserver un esprit de liberté tout en allant à la rencontre des gens. Mais dis-nous Hubert, ça n’est pas trop dur de voyager seul  ?

« Quand je m’arrête avec mon side-car, les gens viennent à moi immédiatement. C’est alors à moi d’avoir une attitude ouverte. Et puis je m’entent bien avec moi même alors je ne m’ennuie jamais. »

Hubert lors de son road-trip moto à travers le monde dans le désert du Sahara

Un conseils pour les futurs riders préparant leur tour du monde à moto?

“Arrête de te préparer et roule! Si c’est pour toi, tu le sauras très vite et tu te prépareras en roulant. Si ce n’est pas pour toi tu le sauras très vite aussi et tu rentreras chez toi !!! ”

Retrouvez les aventures d’Hubert sur blog Thetimelessride.com, et vous aussi peut être que vous serez tenté de prendre la route !

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